Jetpack

Le jetpack du commandant Cody dans le film Radar Men from the Moon © Republic Pictures Jetpack de Boba Fett dans Star Wars, Le Retour Du Jedi © Lucasfilm Le jetpack militaire dans Robocop 3 © Orion Pictures Les jetpacks de la brigade pré-crime dans Minority Report © 20th Century Fox, DreamWorks SKG Le jetpack du film Tomorrowland © Walt Disney Pictures Le jetpack de Faucon, le super-héros des Avengers © Marvel Studios
Depuis la nuit des temps, l’un des plus grand rêve de l’homme est de savoir voler.
Bien sûr, l’avion et les fusées surpassent ce rêve. Mais c’est au détriment de la vision d’origine : savoir voler.
Le jetpack possède l’atout d’être une extension de son pilote. La vision idéale est sans doute celle qu’offrent Jango et Boba Fett dans Star Wars.

Cette idée de fusion laisse supposer que le pilotage disparaît au profit d’une réactivité quasiment instinctive ou naturelle ; en apparence en tout cas. D’autres films sont moins optimistes et assument un pilotage manuelle.

Un concept pour soldats et aventuriers

L’idée du jetpack ne date pas d’hier. Les premières apparitions se font tout d’abord dans l’univers fictif.L’Himmelstürmer de l'armée allemande © The Rocketbelt Caper
C’est ensuite l’armée allemande, pendant la seconde guerre mondiale, qui se penche sur la question. Elle développe le Himmelstürmer dont le but était de faire sauter des obstacles par l’infanterie (mines, barbelés, etc).

À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Himmelstürmer en était encore au stade du développement.
L’armée américaine reprend le projet et l’offre à Bell Aerosystems. C’est alors le début d’une longue liste de modèles plus ou moins réussis.

Le jetpack du film Opération Tonnerre © EON ProductionsL'Hoppicopter Le NASA Puffin © NASA

Avant d’approfondir le sujet, évoquons rapidement quelques idées illustrées ci-dessous.
Citons Wendell MOORE, l’un des pionniers de cette aventure et son Bell Rocket Belt (utilisé dans le James Bond Opération Tonnerre).
On peut aussi parler de l’Hoppicopter (l’Inspecteur Gadget ?). Considéré comme trop dangereux à l’atterrissage, l’idée fut vite abandonnée. Pourtant, aujourd’hui encore, des projets sont à l’étude.
Il existe également The NASA Puffin, un concept d’homme-avion un peu délirant.

Le Jetlev-Flyer inventé par l'ingénieur canadien Raymond LiYves Rossy, l’homme oiseau volant en patrouille avec les Breitling Wingwalkers © Alain ErnoultUn autre concept : Jetman. C’est un système particulièrement impressionnant et novateur. Par ses différences, il surpasse le jetpack. D’ailleurs on se rapproche plutôt d’Iron Man que de Boba Fett. Il enchaîne ses propres records : looping, traversée de la Manche et du grand Canyon. Plus le temps passe et plus les rêves d’Yves ROSSY deviennent réalités.  Je vous invite à visiter son site.

On peut également voler avec le Jetlev-Flyer, un autre projet. Il peut atteindre 10 mètres de hauteur, 35km/h pendant une à deux heures. Il fonctionne par la répulsion de l’eau. Il est en vente et son prix est de 80 000€ à 100 000€ selon le modèle.

Passons à quelques-uns des « vrais » jetpacks

Un des jetpacks les plus impressionnants est sans doute celui de Jet Pack International développé par Troy WIDGERY (créateur des boissons Go Fast et Apollo Energy Gum).

Quelques caractéristiques de leur meilleur modèle :
– Autonomie : 9 minutes
– Distance parcourue : ~ 18 km
– Vitesse de pointe : 130 km/h
– Hauteur maximale : 76 mètres
– Poids soulevé maximal : 82 kg

C’est aussi l’un des plus populaires. Ses interventions dans des festivités ou des exhibitions sont légions (2000 vols au total).
L’équipe de Jet PI est composée de 5 ingénieurs, 4 techniciens de vol, et 4 pilotes.
C’est sans doute, à l’heure actuelle, l’un des jetpacks qui se rapproche le plus de celui du cinéma.
Ils ont fait le record de vitesse -120 km/h- et détenaient d’autres records, notamment de distance parcourue et de hauteur. Ils se sont récemment fait détrôner par Martin Aircraft Company.
Leur site ne propose pas de jetpack à vendre, mais leur modèle T-73 serait à vendre autour de 200 000$.

Envie d’essayer un « vrai » jetpack sans mourir et sans se ruiner ? Nul besoin de faire partie de l’équipe de Go Fast ! Il faut se tourner du côté de Martin Aircraft Company (dont le créateur est Glenn Neal Martin à ne pas confondre avec Glenn Luther Martin qui est à l’origine de Lockheed Martin) vous propose d’essayer le sien. Bien sûr le modèle et les essais proposés ne ressemblent en rien à ceux de Go Fast, sans doute pour éviter d’avoir un accident avec leurs clients…

Le jetpack de Martin Jetpack © Martin Aircraft CompanyOn peut louer le jetpack ou l'acheter © Martin Aircraft CompanyPour pouvoir l’essayer, plusieurs critères :
– avoir 18 ans,
– peser moins de 85 kg,
– être titulaire du permis de conduire,
– avoir 500€ en poche,
– avoir un billet d’avion pour la Nouvelle-Zélande.

Et si vous voulez l’acheter, il faudra quand même vous rendre en Nouvelle-Zélande. Le jetpack vous est vendu (pour 100 000$) à condition de passer leur « permis de jetpack » qu’ils imposent. Ce n’est pas une licence d’avion mais plutôt des cours de sensibilisation.
Ce jetpack comportera un parachute lorsqu’il sera mis en vente. L’inconvénient principal reste son poids qui ne lui permet pas d’être porté comme un sac-à-dos.

Deux modèles de jetpacks sont disponibles © Thunderbolt Aerosystems Séance de vol d'essai © Thunderbolt AerosystemsThunderbolt Aerosystems, un autre fabriquant, compare leurs modèles en vente avec 3 autres types de jetpacks. Ils sont bien sûr au-dessus dans pratiquement chaque catégorie du tableau.
Leur prix : 125 000$. Mais si l’on devait comparer les caractéristiques techniques avec tous les jetpacks existants, les résultats ne seraient pas les mêmes.
Je vous laisse vous faire votre idée, mais il faut savoir que c’est un domaine où des records sont régulièrement battus ; d’où des conclusions peu péremptoires.

Il existe d’ailleurs plusieurs conventions mondiales comme la dénommée « Rocket Belt » où tous les concepteurs de jetpacks se réunissent une fois par an.

Le fameux jetpack mexicain © TAMParlons un peu du jetpack de chez TAM (Tecnologia Aeroespacial Mexicana).
Cette entreprise se vante de faire du sur-mesure pour ses clients. Elle a des origines plus artisanales.
Le jetpack fonctionne également au peroxyde d’hydrogène.
Une formation de 5 jours est aussi proposée.
Le prix n’est pas communiqué sur le site.

Quant à JetPack Aviation, l’entreprise a démarré en proposant un financement participatif sur StartEngine. L’objectif : atteindre 1 million de dollars. Un design proche d'autres jetpacks l'ayant précédé © JetPack AviationISéance de démonstration en public © JetPack Aviationls sont parvenu à réunir 267 investisseurs et 249 360 $. C’était sans doute suffisant pour commencer, car depuis des années les apparitions de leurs jetpacks sont nombreuses. Le moteur à réaction peut tourner de 20 000 à 60 000 tours/minute (à pleine puissance). Le jetpack peut également être équipé d’un système proche de l’airbag (un flotteur en cas d’amerrissage). On notera que leur PDG était le premier a faire le tour de la statue de la liberté en jetpack « homologué » (2015). Il faut se rendre à l’évidence, JetPack Aviation marche sur les pas de Jet Pack International, voire, carrément dans leurs plates-bandes… Le design est proche, mais, surtout, la démarche est similaire : beaucoup de démonstrations, de shows, etc… JetPack Aviation s’adresse d’abord à un business B to B (promotions commerciales), mais également à tous les curieux qui oseraient s’aventurer dans leur centre « JetPack Top Gun Experience ». Les étudiants sont également une cible, ainsi que les sportifs avec leur équipe « JetPack Racing League ». Bien sûr les applications miliaires sont également largement envisagées. JetPack Aviation s’est construit sur une communication assez puissante et massive mais qui fait également quelques déçus chez les soutiens de la première heure. En effet, certains investisseurs s’impatientent et ronchonnent ; ils estiment que leur entreprise stagne et reste sur des acquis assez confortable. L’avenir dira qui a raison.

Question de fond maintenant : Quel intérêt ?

Les débouchés d’un tel produit dans le monde réel sont divers. Citons-en quelques-uns :
– les urgences (pompiers, SAMU, police, etc)
– l’armée
– les particuliers
– les parcs de loisirs

Des mises en situation, chez Martin Aircraft Company, on en donne à la pelle.
Un jetpack serait très utiles dans la recherche et le sauvetage dans des lieux qui nécessitent une grande proximité, là où l’hélicoptère est impuissant (le bord de falaises, d’immeubles, etc).
L’avantage de ce volume restreint permettrait l’exploration dans des lieux inaccessibles (les ingénieurs de Fukushima y avaient songé) ou des vols en rase-motte sur des surfaces à surveiller. Le Martin Jet Pack par exemple, peut également être téléguidé sans pilote à bord. Un avantage certain dans des situations à haut risque.

Un jetpack puissant pourrait-il tracter des objets/matériaux lourds dans des endroits étroits ?
J’évoquais l’inconvénient des hélices plus haut. La vidéo de l’accident d’hélicoptère illustre parfaitement ce problème.
Le pilote était présent pour déposer un sapin de Noël, mais les hélices ont touché un câble pendant une phase d’approche. Heureusement, il s’en sort pratiquement indemne. Une mésaventure d’Auckland qui pourrait bien parvenir jusqu’aux oreilles de Martin Aircraft Company (de Christchurch). Pour le moment, il n’est pas question de se servir des jetpacks comme d’engins de chantier. Mais le débouché pourrait vite être à l’étude.

Un jour, peut-être pas si éloigné, les jetpacks serviront dans les travaux de construction et de démolition…
Ou peut-être que certains chasseurs de primes les adapteront !

La science avance, à suivre…

Sources et infos :

Sites officiels :

Martin Aircraft Company
Jetpack international
Jetman (Yves ROSSY)
Jetlev-Flyer
JetPack Aviation
Thunderbolt Aerosystems

Vidéos :

Vidéo de Jetman
Petite histoire du jetpack

Video du Jetlev-Flyer
L’accident d’hélicoptère du 23/11/11 (âmes sensibles s’abstenir)

Films concernés :

Auteur de l'article
Xendor

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